J'ai été piqué par le virus de la Hifi en 1980. J’avais alors 14 ans.

Je me rappelle avec amusement ma fierté lorsque j'avais invité mes copains pour une première écoute de ce que je considérais comme le Top d'alors : une chaîne compacte modèle Kaisui 2000 achetée d'occasion pour 1200 francs de l’époque.

Silence, ça tourne ! Et en avant : je passe un disque 33 tr de Johnny Hallyday en concert : les vu-mètres allument le feu, clignotent et chatouillent la zone rouge. Les boomers brassent l'air avec volonté, et au bout de quelques minutes, la magie s'opère : les fumigènes de la scène sont dans ma chambre, et au son s'ajoutent les effets de la fumée : ma chaîne est en train de prendre feu !!!


Mes débuts.

Je décide donc de prendre le taureau par les cornes, et de m'équiper plus sérieusement, aidé du "bon copain qui connaît". Je recherche donc dans un 1er temps l'ampli à distorsion zéro. L’heureux élu sera un Technics SUV5 : 0,007% de distorsion, 2x45 watts RMS. Chaudement recommandé par le "bon copain qui connaît". J'achète donc « The Totale Technics », et une idylle de quelques mois prend forme.

Mais un jour, en me promenant à Bordeaux, je découvre un magasin spécialisé (qui n'existe plus aujourd'hui). C'est " La Chartreuse Monitor ".

Et c'est le choc. Je découvre l'émotion du concert. Et des marques que mon hypermarché ne distribue pas. Le propriétaire des lieux M. Fontaine vient de me contaminer définitivement. Je licencie aussitôt le copain conseilleur, revends mon matériel, et m'équipe en véritable " audiophile ".

La vraie aventure peut alors commencer.

Mes goûts ? J'adore les voix, et j'aime écouter à niveau réel. J'apprécie les écoutes typées " physiques ". Mon répertoire est vaste, et englobe rock, hard rock, blues, variétés, classique, musiques du monde, musique liturgique. Il n'y a en fait que le Jazz auquel je n'accroche pas pour l’instant. Mais les choses changent, au final.

Parler de tous les appareils que j'ai acquis durant ma quête du Nirvana serait trop long. Je ne citerais que ceux que j'ai aimés et avec lesquels j'ai vécu une longue période.

Pioneer S910

Plongeon dans le monde audiophile.

Mes vrais débuts se feront donc avec un ampli Mission Cyrus Two, rapidement épaulé par son alimentation, la PSX, qui formeront un couple étonnant en drivant des enceintes Pioneer S910, au demeurant absolument fabuleuses (3 voies, HP de grave de 30 cm , et tweeter à ruban magique).

A ce moment-là, ma platine TD était une Denon DP67, couplée à une cellule DL103D. Un prépré Cochet PP2 me fera alors faire un bon significatif en qualité. Puis une Linn LP12 avec bras Ittok fait son apparition. Puis une cellule Linn Asaka.

Denon DP67

Cette aventure enrichissante et l’envie de changer cèderont le pas à une recherche personnelle qui me guidera vers un kit TQWT de la maison de l'audiophile, sur la base d'un HP 17cm d'origine Triangle et un tweeter Technics.

Evidemment, comme je suis plus fort, je vais tout optimiser : parois sablées, tweeter découplé et noyé dans un bloc de béton, condos de course, câblage Isoda, soudure argent... J'y passe des heures.

Je fais plaquer le tout par un ébéniste. Près de 1000 euros d'investissement seront nécessaires, et le résultat me semble très bon.

A l'époque, je travaille en tant que vendeur hi-fi dans un magasin grand public. J'apporte mes bébés (70kg) dans l'auditorium, et je fais la course avec les enceintes en place…

A l'époque, je travaille en tant que vendeur hi-fi dans un magasin grand public. J'apporte mes bébés (70kg) dans l'auditorium, et je fais la course avec les enceintes en place…

La claque !!!  

Les enceintes KEF C20 (à peine 1200 francs à l'époque), ridiculisent ma réalisation et me mènent à penser que visiblement, la bonne volonté et la théorie ne suffisent pas.

Le sort était jeté : je ne ferai pas fortune dans les enceintes. Belle leçon d'humilité somme toute.



On passe aux choses sérieuses …

Je suis par contre certain que mon salut passera par les gros haut-parleurs.

Chacun sait qu'un Saint Bernard dégage plus d'énergie qu'un Yorkshire !!! Bref, point de secret, et pour brasser de l'air, il faut du coffre : 30 ou 38cm, voilà la bonne taille lorsqu'elle est bien chargée !

Je commence à rêver de Klipsch, Tannoy, JBL, Onken et compagnie…

Estimant que j’ai suffisamment donné dans le kit, je décide de m'orienter vers une réalisation plus "pro".

Une enceinte anglaise retient rapidement mon attention : la Tannoy GRF. Une sensibilité de 95dB, un HP de 38cm avec une compression coaxiale, un volume de charge conséquent… Voilà de quoi commencer à appréhender la musique grandeur nature !

Après deux écoutes dans de bonnes conditions (Accord St Jory à Toulouse, Music Hall Paris avec Patrice Bertolle), j'ai finalement craqué pour elles !

Une seconde bataille s'engagera, celle des amplificateurs à y associer, car la belle est capricieuse, et ne se livre pas facilement : mon ampli Mission Cyrus Two + PSX s’écroule totalement sous la charge…

Après essai de quelques monstres cotés, je trouve finalement la réponse en la personnalité d'un ampli à lampes Conrad Johnson Evolution 250. Cet ampli conçu autour d'un push pull d' EL34 en montage pseudo triode. n’affiche que 2x25 watts sur la balance. Néanmoins , il secoue les GRF de manière surprenante.

Plusieurs essais de préamplis me feront rapidement comprendre que c’est encore avec un modèle Conrad Johnson que je saurais trouver les sensations que je recherche.

Le mariage s'avère alors magique, hyper dynamique, emprunt d'ampleur, d'espace et de musique.


Tannoy GRF


J'ai vécu pendant plusieurs années, heureux, avec mes GRF, mon ampli Conrad EV250, mon préampli Conrad PV11 et ma Linn.

Après beaucoup d'essais, un CD Jadis JD2 est entré dans le système.

Puis un convertisseur Métronome Technologie C1A.

Puis un Jadis JD1 est arrivé à la place du JD2.

Mais j'étais à mon sens arrivé aux limites des GRF. Il était donc temps de changer…

Ces enceintes sont hyper musicales et vivantes. La scène sonore est très large et profonde (merci au coaxial), mais le grave même s'il possède un aspect physique indiscutable, ne brille pas par une rapidité extraordinaire. Difficile de ressentir par exemple le parfait suivi d'une basse électrique. Il me fallait donc maintenant faire le grand bond vers du " définitif ".

Les amis qui passaient à la maison ne comprenaient pas que je veuille tout remettre en question.

Pour certains, j’avais plus besoin d’un psychiatre que de nouvelles enceintes…